Les différentes verreries

 Depuis des temps immémoriaux, les verreries se sont établies dans les forêts des différentes provinces françaises, mais la Normandie fut celle qui en a vu s'élever le plus grand nombre sur son territoire.

Sous l'ancien régime, on distinguait deux sortes de verreries dans la vallée de la Bresle:

Les grosses verreries

Où était produit le verre à vitre "plat" appelé aussi, verre à "boudine" ou à "férule". Ces manufactures ne pouvaient être possédées que par les membres de quatre familles nobles auxquelles les ducs de Normandie avaient accordé le privilège de faire commerce du verre et de souffler cette sorte de produit sans dérogeance...

Ces familles que l'on appelait "familles verrières" se nommaient: BONGARS, BROSSARD, CAQURAY et LE VAILLANT.

Ces manufactures produisaient aussi des bouteilles qui ne pouvaient pas être soufflées par les gentilshommes appartenant aux familles verrières.

Le privilège d'établir ce type de verreries était accompagné d'un droit d'affouage dans les forêts seigneuriales qui consistait à l'obtention du bois nécessaire au chauffage des fours au prix d'estimation.

 Les petites verreries:

Pour lesquelles d'autres familles nobles obtinrent des concessions  produisaient des verres à boire, carafes et autres ouvrages appelés "verroterie" que l'on peut voir sur les anciennes gravures représentant les colporteurs qui assuraient leur diffusion. Ces petites verreries ne disposaient généralement pas du privilège d'affouage et étaient dans l'obligation, pour obtenir le bois nécessaire au chauffage de leurs fours, d'avoir recours au jeu des enchères, ce qui rendait aléatoire leur existence en raison de sa chèreté et de sa rareté

 Verreries de la forêt d'Eu

Depuis le 15ème siècle,la forêt d'Eu fut sans conteste celle qui a vu s'élever le plus grand nombre de ce type de manufactures... Cette prolifération menaçant l'équilibre de la forêt, un arrêt de la chambre des comptes de Normandie du 30 janvier 1672 ordonna que les maîtres de verreries aient à faire enregistrer leurs lettres de patente.

Un arrêt de réformation des forêts du comté d'Eu du 21 juin 1721 contient ce qui suit: " Depuis des temps l'on a souffert l'établissement de dix ou douze verreries dans la forêt du Comté d'Eu et l'on a mis ladite forêt en coupes réglées et on l'a fait annuellement des adjudications très considérables de tous les bois de ladite forêt, tant aux sudistes verreries qu'à d'autres qui exploitaient tous les bois et les vendaient, les embarquaient sur la mer et les allaient vendre jusque dans les pays étrangers, au grand détriment des usagers de la forêt".

Il est notoire que l'histoire des verreries de la forêt d'Eu a été dominée sous l'ancien régime par la prédominance des familles verrières qui n'ont jamais souffert qu'il soit porté atteinte à leurs privilèges...jusqu'à l'abolition en 1789 et l'apparition du verre à vitre soufflé en "manchon"

Il est aussi notoire que l'existence de ces verreries a été conditionnée à la capacité de la forêt à assurer leurs besoins en bois pour le chauffage de leurs fours... Ce qui explique que  nombreuses sont celles qui ont disparu, le plus souvent absorbées par d'autres usines mieux placées sur ce plan ou bénéficiant du privilège d'affouage

A la veille de la révolution subsistaient en forêt d'Eu huit verreries:

La verrerie de Varimpré : En basse forêt d'Eu, qui aurait été établie en 1582 par privilège du Duc de Guise, Comte d'Eu, concédée à Jean Le Vaillant sieur de Sainte Beuve... Elle produisait du verre à vitre en plat et au 17ème siècle avait passé un contrat avec la Compagnie des glaces au terme duquel elle devait fournir 2400 paniers de verre... Elle produisait aussi des bouteilles.

 

La verrerie de La Grande Vallée (Guerville) : Fondée en 1760 par lettre patente de Louis-Charles de Bourbon, Comte d'Eu en faveur de Mr Virgille de la Vicogne pour y produire des verres à boire, gobelets, carafes et autres ouvrages en verre blanc et couleur. Sa fille va lui succeder à partir de 1775 et donner une plus grande ampleur à cette verrerie.

La verrerie de Rétonval: Concédée à François de Bongars en 1676, pour y produire du verre à vitre en plat.

La grosse verrerie du Val d'Aulnoy (Saint Riquier en rivière) :Aurait été fondée en 1458.Cesse son activité en 1785 suite à une ordonnance du Duc de Penthièvre, propriétaire de la forêt d'Eu, en faveur de la verrerie de Romesnil, où venait de commencer la production du verre à vitre en "manchon"

La petite verrerie du Val d'Aulnoy (Saint Riquier en rivière): Autorisée en 1772 par arrêt du Duc de Penthièvre, Comte d'Eu. Suspend sa production en 1782 ( la reprendra en 1812).

La verrerie de Romesnil (Nesle Normandeuse): Fondée en 1778 par lettre patente du Duc de Penthièvre, Comte d'Eu, pour y produire le verre à vitre en manchon et le cristal qui sera dénommé flint-glass.

La verrerie Sainte Catherine: Fondée en 1776 par lettre patente du Duc de Penthièvre, Comte d'Eu, concédée au sieur de Caqueray ( le four sera éteint en 1800)

La verrerie du Cornet (Rieux):  Concédée au Sieur de Courval le 26 février 1728 par privilège du Duc de Maine, comte d'Eu ( le four sera éteint en 1810).

La verrerie du Courval (Hodeng au Bosc): Apparaît en 1623 lorsque François Le Vaillant obtient l'accord par une lettre patente de la duchesse de Guise, veuve du duc . Elle lui donne la permission de construire une verrerie au Courval. En contrepartie, François Le Vaillant lui offre la garantie de revenus fixes. L'histoire de la verrerie du Courval  commence et son activité ne cessera de croître. Ainsi, dès 1662, apparaît un second four destiné à y faire et façoner du verre cristal.

En 1671, le marquis de Sénarpont, nouveau propriétaire de la verrerie, obtient le droit de tenir deux verreries, une de gros verre et l'autre de cristal. Ce droit fut renouvelé en 1717 . Puis, progressivement, la verrerie du Courval, connue en 1768 comme la seule du comté de Eu "où l'on travaille en vases de toutes espèces", et qui, au début du XIXe siècle, fabrique de la "verroterie verte et blanche", se concentre sur le flaconnage qui va devenir peu à peu son activité principale, puis finalement unique. La verrerie du Courval reste la seule verrerie datant de l'ancien régime en activité dans la vallée de la Bresle, 370 ans après sa création .

La verrerie du Courval est encore aujourd'hui une verrerie très renommée dans la vallée de la Bresle et elle le parfait exemple d'un verrerie qui traverse les siècles.

verrerie du courval

L'explosion industrielle au XIXème siècle.

Le passage du chauffage au bois à celui au charbon va permettre l'éclosion de nouvelles verreries, situées désormais dans la vallée et non plus en lisière de forêt. la technologie industrielle permet également le renforcement de certaines verreries déja existante au XVIIIème siècle.

voici le panorama des verreries de la vallée de la Bresle au tout début du XXème siècle:

AUMALE : Existe au moins depuis 1875. Gustave Lefebvre en est l’exploitant fin XIXeme début XXeme siècle. La verrerie compte 76 employés dans les années 1880 et 120 en 1904.

 

BLANGY : La verrerie est crée en 1892 par Alexandre Scobart. Il s’associe avec Camille Darras en 1902. En 1904, la verrerie emploie 100 ouvriers. Elle fermera à la fin des années 60.

ESSARTS VARIMPRE : Une verrerie y existait déjà au moyen âge. De 1802 à 1850, la verrerie est exploitée par Joaquim de Girancourt. En 1850, la verrerie produit en 90 000 bouteilles par mois. A sa mort en 1856, son fils Alexandre lui succède. En 1865 l’usine compte plus de 100 ouvriers et est louée à Julien Lasnier. Fin 1877, la verrerie est dirigée par Julien et son fils Eugène. Julien Lasnier meurt dans des conditions dramatiques à la verrerie du Courval le 9 mai 1886. Suite à un accident il tombe dans le brasier qui chauffe les fours. Son fils Eugène Arthur reste seul, jusqu’à sa mort le 16 janvier 1897. Sa veuve lui succède à la verrerie avant de revendre la verrerie à monsieur Pestel pour aller exploiter la verrerie de Romilly sur Andelle (Eure) à partir de 1900. En 1904, l’exploitant de la verrerie est monsieur De Maizet qui emploie 100 ouvriers. La verrerie fermera au début des années 30.

EU : La verrerie du Progrès est inaugurée le 21 décembre 1902, dans les bâtiments de l’ancienne tuilerie Bocquet. Le propriétaire en est Fernand Lang, sujet britannique de 22 ans. La verrerie emploie environ 50 ouvriers et fabrique du flaconnage pour la pharmacie et la parfumerie. En 1904 la verrerie emploie 110 ouvriers.

FEUQUIERES : La verrerie est crée par Désiré Amédée Scobart en 1896. En 1904, il s’est associé avec son gendre Louis Letellier. L’usine emploie alors 110 ouvriers.

 

GUERVILLE : La verrerie de la Grande Vallée est fondée en 1760 par Monsieur Virgile de la Vicogne. Sa fille Marie Louise Angélique reprend la direction de l’usine à partir de 1775 et meurt en novembre 1821. En 1826 la verrerie produit 500 000 bouteilles par an. En 1822, elle est rachetée par Monsieur de Nampty qui l’exploite jusqu’en 1839 puis la revend à Alexandre de Girancourt, fils du maître de verrerie des Essarts Varimpré. Un an plus tard, celui ci s’associe avec M Vimont qui exploite les verreries de Rétonval et du Val d’Aulnoy. En 1845 Victor Hemery prend la direction de la verrerie jusqu’à sa mort le 16 juillet 1877. A cette date l’usine passe à la branche cousine des Favre. Benoît Favre effectue en 1881 la transition du chauffage au bois vers le charbon. Il meurt le 13 juin 1883. Sa femme va assurer la succession jusqu’en 1901, date à laquelle elle passe la main au profit de son neveu, Georges Denolly. Dans les années 1880, la verrerie emploie 220 ouvriers. En 1895, la verrerie de la Grande Vallée produit 22000 à 25000 bouteilles par jour et occupe 120 ouvriers. En 1904, elle n’emploie plus que 90 ouvriers. Elle fermera en 1933

HODENG AU BOSC : La verrerie du Courval existe depuis 1623. Alexandre de Cormeille loue la verrerie à Jérôme Denin en 1809 avant de mourir en 1811. Les Denin restent locataires et Jérôme s’associe avec son fils Théodore. La verrerie occupe 150 personnes dans les années 1880. A la mort de son père en 1887, Félix, qui exploite la verrerie de Nesle Normandeuse, reprend le Courval avant de céder son droit d’exploitation au début de 1903 à M Edouard Frère. En 1904, la verrerie compte 110 ouvriers.

INCHEVILLE : M François Lavernot crée la verrerie qui ouvre ses portes en janvier 1900. Le bâtiment s’étend sur 40 mètres de long sur 20 de large et comprend deux fours. En décembre 1902, la verrerie emploie 110 ouvriers. En juin 1903, elle est reprise par M Charles Armorel, un novice dans le monde de la verrerie qui rachète la verrerie au double de sa valeur. En 1904, la verrerie emploie 100 ouvriers. Elle fermera dans les années 50.

 

LE TREPORT : Joseph Robard et Noël Deparis créent la première verrerie à la fin de 1880. Cette verrerie brûle entièrement le 14 novembre 1881 mais est reconstruite. Après la mort de Deparis le 19 octobre 1883, Joseph Robard poursuit seul l’exploitation de l’usine, déséquilibrée financièrement par le sinistre de 1881. La faillite est prononcée le 19 mars 1884. La verrerie rouvre ses portes en janvier 1887 sous l’impulsion d’Octave Pamiseux. Il cède son activité en 1896 à Henri Desjonquères qui exploite cette verrerie, dite verrerie Vieille, en 1904 avec le concours de 150 ouvriers. Le 21 octobre 1900 est inaugurée une deuxième verrerie, nommée par opposition verrerie Neuve. Elle est crée par Louis Gresset qui l’exploite en 1904 et emploie 100 ouvriers. La Verrerie Neuve fermera ses portes en 1933.

NESLE NORMANDEUSE : Une première verrerie voit le jour à Romesnil en 1778, crée par M Libaude. Après son décès en 1779, sa femme administre l’usine jusqu’en 1803, date à laquelle elle loue la verrerie aux frères Casimir et Scipion Perrier. Elle en reprend l’exploitation en 1812 jusqu’à sa mort en 1821. A cette date, son petit-fils Charles Gruel prend la succession. En 1852, Charles Gruel forme une association avec Achille d’Imbleval, son neveu par alliance. A la mort de Charles Gruel en 1860, Achille d’Imbleval exploite seul la verrerie de Romesnil, jusqu’à sa mort en 1891, date à laquelle lui succède son fils Gaston. En septembre 1901, celui ci cède l’usine à Messieurs Maurice et René Guignard, associés à Jules Tueur. En 1904, Romesnil emploie 160 ouvriers.

 

L’autre verrerie, plus bas située dans la vallée, en bordure du chemin de fer, est crée en 1887. Elle est exploitée jusqu’en 1894 par Albert Denin dont le père est le maître de verrerie du Courval. Détruite par un incendie le 7 juin 1889, elle est reconstruite et redémarre en septembre 1889. En 1895, l’usine passe dans les mains de Félix Denin, frère d’Albert. En 1896 elle occupe 75 personnes. En 1904, elle occupe 200 ouvriers. Elle fermera en 1999.

RETONVAL : La verrerie est établie au début du XIXeme siècle, bien que des installations aient existées auparavant. Le propriétaire en est Nicolas Levarlet jusqu’en 1834. Le 5 novembre 1834, il vend l’usine à M Louis Vimont. La verrerie est louée par M Soullez de 1813 à 1824. Puis, de 1826 à 1848, c’est Guillaume Hemery qui l’exploite. Il a pour successeur Louis Vimont et son fils jusqu’en 1867. Le 11 octobre 1867, la verrerie est acquise par Nicolas Auger qui conserve le bien jusqu’en 1904. En 1878, Rétonval est exploité par Amédée Scobart qui passe immédiatement du chauffage au bois à celui au charbon. En 1881, les frères Scobart exploitent la verrerie. Dans les années 1880, l’usine emploie 105 personnes. En 1893, Amédée est encore maître de verrerie à Rétonval. En 1898, le maître de verrerie est L Letellier, en 1903, M Cornet. L’usine est mise en vente le 29 juin 1903 conjointement avec celle de Saint Riquier en Rivière. M Elphège Dumont, ancien directeur de la verrerie de la Grande Vallée, en fait l’acquisition. Il l’exploitait au moins depuis 1900. En 1904 l’usine emploie 100 ouvriers.

SAINT GERMER DE FLY : Date de création inconnue. Fonctionne en 1888 (dirigée par M Durand). Vers 1892, elle appartient à M Florentin Désiré Lapostolle, ancien maître de verrerie au Tréport, beau frère de M Pamiseux, lui même maître de verrerie au Tréport. Florentin cède sa place à son fils Charles Désiré en 1902. L’usine emploie 110 ouvriers en 1904.

SAINT MAXENT - MARTAINNEVILLE : La verrerie est crée en 1889 sur le territoire de Saint Maxent, tout près de la gare de Martainneville par Edouard Benoît Joseph Bonvalet, ancien libraire à Amiens. Dirigée en 1900, 1901 par les messieurs Desjonquères (frères du maître verrier du Tréport). En 1904, elle est à nouveau sous le contrôle de M Bonvalet et occupe environ 110 ouvriers. Elle fermera en 1931.

SAINT RIQUIER EN RIVIERE : La verrerie s’installe à l’écart du village, au Val d’Aulnoy qui va donner son nom à la verrerie. Une verrerie y est installée depuis les temps anciens mais l’histoire moderne de la verrerie du Val d’Aulnoy débute à la chute du 1er Empire. Nicolas Levarlet, maître de verrerie à Rétonval obtient une promesse de droit d’affouage qui lui est accordé officiellement en 1822. L’histoire de la verrerie du Val d’Aulnoy est donc liée à celle de Rétonval. En 1834, elle est vendue à Louis Vimont puis, le 11 octobre 1867, à Nicolas Auger. En 1874, Julien Lasnier, maître de verrerie aux Essarts Varimpré, exploite le Val d’Aulnoy. La verrerie emploie 140 personnes dans les années 1880. Fin XIXeme et probablement jusqu’en 1903, la verrerie appartient à Nicolas Auger. La verrerie est mise en vente conjointement avec celle de Rétonval le 29 juin 1903. L’occupant est alors M Delahaye (déjà en 1902) qui l’exploite toujours en 1904 avec le concours de 80 ouvriers. Elle fermera en 1931.

VIEUX ROUEN SUR BRESLE : La verrerie est crée en 1892 par Amédée Scobart qui s’associe avec Marie Gérin en 1899. En 1904 la verrerie emploie 140 ouvriers.

 

 

Quelques verreries vont encore être crées dans la vallée de la Bresle durant les années 1910-1920 à Eu, Longroy, Gamaches et Blangy sur Bresle. La fin des années 20 constitue donc l'apogée de cette industrie. La crise économique de 1929 changera radicalement cette situation.

L'exemple d'une réussite industrielle à la fin du XIXème siècle: La famille Denin et les verreries du Courval et de Nesle Normandeuse

La famille Denin est locataire de la verrerie du Courval depis déja deux générations lorsque Félix Denin prend la direction de l'usine. Par son mariage, il devient également propriétaire de la verrerie de Nesle en 1895. Cette double casquette lui permet une synergie qui conduira à l'expansion de son activité industrielle. A la fin du XIXème siècle, il emploi 320 ouvriers dans ses deux verreries. Sa spécialité est le flacon de petite taille déstiné aux grands parfumeurs comme Guerlain, Piver, Rimmel ou Roger et Gallet. La production se fait à travers quatre fours de douze pots chacun. Les deux usines produisent 90 000 à 100 000 facons par jour en 1896, 140 000 à 150 000 en 1897 et 170 000 à 175 000 en 1899. Le Courval est alors la plus grande verrerie d'Europe pour la parfumerie et la pharmacie. L'entreprise Denin travaille pour neuf ou dix clients, grands négociants en verreries parisiens et londoniens qui revendront par la suite leurs achats. En 1901, le chiffre d'affaire mensuel de l'entreprise Denin s'élève à 115- 120 000 francs.

 

 

 

Etudions maintenant, l'ensemble de la chaine commerciale de l'entreprise pour ce qui concerne les matières premieres, le sable arrive de la région parisienne par péniche jusqu'a Rouen puis de là en train jusqu'au deux verreries (130 tonnes par mois). Le sel de soude arrive des soudières de Meurthe et Moselle. Les produits chimique de Paris ainsi que le groisil qui est du verre cassé (1100 tonnes par an). La terre réfractaire pour les fours et les creusets provient de la région de Gournay, Forges et également de la banlieu parisienne. Le bois est utilisé jusqu'en 1895 et provient d'adjudication de coupes dans la forêt d'Eu. A partir de 1895, le chauffage se fait au charbon provenant de différentes compagnies minière du Pas de Calais (24 wagons par semaines, tonnage de 2800 tonnes annuel en gare d'Hodeng- Sénarpont). Les produits végétaux tel que la paille pour l'emballage et le bois pour les caisses proviennent des fermes et entreprises de la région.

Chaque marché sur une fourniture précise n'est jamais tenu exclusivement par un même fournisseur pour faire jouer la concurence et éviter la rupture en cas de problème avec l'un des fournisseurs.

En amont de la production, les moules sont fabriqués à Paris puis à partir de 1900 à Waltersperger à Blangy. En aval de la production, Felix Denin créer son propre atelier de bouchage au Courval en 1897 puis à Nesle en 1902. L'atelier de bouchage du Courval necéssite 50 à 60 000 flacons bouchés par mois (un gros client comme les londoniens Johnsen et Jorgensen en commande à lui seul 30 à 40 000).

 

 

Les principaux clients de l'entreprise Denin sont divers négociants parisiens et londoniens; plus accesoirement un ou deux négociants de Bruxelles.

Tout est fait dans une démarche d'obsession de la qualité pour obtenir un résultat irréprochable. Dans de nombreux courriers, Félix Denin insiste bien sur la qualité irréprochable necéssaire aux matières premières qu'il commande ( groisil lavé et dépourvu de tout résidu, sable parfaitement blanc ne contenant ni particules de fer ni résidus de charbon qui auraient pu séjourner dans les wagons ou les péniches. Il fait un jour retrier toute sa production pour le parfumeur Guerlain quant il constate un défaut sur des flacons mis au rebut.

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